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  • Melanie Gillet

EXTRAIT CHAPITRE 1



Ce samedi du mois d’octobre, le temps semblait mitigé, inexpressif, morne. Les nuages gris s’imposaient et la température chutait. Je me promenais dans les rues citadines de Montréal avec mes parents. Notre discussion tournait principalement autour de mon anniversaire qui était la semaine suivante. Sans raison valable, mon père et ma mère voulaient en accomplir une grande célébration. Ils semblaient excités par cet évènement, trop pour m’interroger à ce sujet.

Mes pas s’interrompirent net lorsqu’une douleur m’assaillit la colonne vertébrale. Ma main vint avec habitude se poser sur la marque que j’avais dans la nuque depuis la naissance.

— Maman, ma marque. Elle me fait mal.

Elle se posta derrière moi et observa la forme tracée dans mon cou.

— David, il faut que tu viennes voir ça.

Le ton de sa voix était tendu. Mon père avec un froncement de sourcils la rejoignit. Une boule d’inquiétude se formait dans mon estomac. Je n’avais jamais connu une telle douleur.

— Pourquoi me fait-elle souffrir ? Elle est restée insensible jusqu’à aujourd’hui.

— Il faut qu’on rentre, immédiatement !

Ma mère n’utilisait que très rarement ce ton autoritaire et déterminé, mon tourment me démangeait encore plus dans le ventre. Je n’avais pas le temps de lui répondre qu’elle m’attrapa le poignet fermement pour faire demi-tour et retourner chez nous, suivi de près par mon père qui posa une main derrière mon dos. La souffrance empirait, une sensation de brûlure s’empara de ma colonne.

— Je ne peux pas… prononçai-je, la voix peu assurée.

— Tu dois marcher Kiara. Tu n’as pas le choix.

— Il y a plusieurs pharmacies dans le centre-ville, pourquoi doit-on obligatoirement rentrer ? Je ne comprends pas.

— On t’expliquera plus tard, mais il faut y aller, essaye de penser à autre chose, d’accord ?

Le visage de ma mère était crispé, elle semblait en alerte en regardant tout autour d’elle. Mon père ne parla pas beaucoup, mais je sentais son inquiétude à travers ses gestes.

— C’est insupportable, me plaignis-je.

Je figurais au plus mal et me sépara de son emprise pour m’adosser contre un mur d’une petite ruelle.

— Kiara ! Il faut qu’on y aille. On n’a pas le temps de s’arrêter !

— Mais bon sang ! Est-ce que l’un de vous deux va m’expliquer ce qu’il se passe ? C’est la première fois que je vous vois dans cet état.

— Ta mère à raison. Ce n’est pas sûr de rester ici.

— Est-ce que par hasard vous seriez au courant de quelque chose sur ma marque que vous ne me dites pas ?

— Chérie, si l’on se savait informé de quelque chose, tu serais la première à être averti, me rassura-t-elle.

Seulement, sa voix trahissait un mensonge. Mes parents s’échangèrent un coup d’œil, j’y décelais la peur. Je ne comprenais pas ce qui se passa. Je m’assis au sol, contre le mur et essayai de reprendre une respiration, la tâche me paraissait difficile.

Mon regard dériva sur la ruelle et mon cœur rata un battement lorsqu’un bruit monstrueux se fit entendre ainsi que des ombres qui surgirent le long des parois. Je faillis pousser un cri en apercevant ces êtres sortis tout droit d’un livre de science-fiction.


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